marzo 5, 2024

et si Benjamin Bonzi sauvait l’honneur des Français dans les tournois du Grand Chelem ?

Battu par Carlos Alcaraz en finale de Wimbledon, Novak Djokovic ne réussira pas le Grand Chelem calendaire en 2023, c’est-à-dire remporter la même année les quatre tournois les plus prestigieux. De leur côté, les Bleus sont encore en lice pour réaliser un « Grand Chelem » moins flatteur : à l’Open d’Australie, Roland-Garros et Wimbledon, aucun d’entre eux n’est parvenu à rallier les huitièmes de finale dans les tableaux masculins (Caroline Garcia y est parvenue à Melbourne). Et il n’est pas assuré que la donne change à l’US Open.

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A New York, ils sont trois qualifiés au troisième tour à porter encore les espoirs tricolores. Mais pour deux d’entre eux, rejoindre la deuxième semaine à Flushing Meadows serait synonyme de petit miracle. Arthur Rinderknech s’apprête ainsi à défier le Russe Andrey Rublev (8e mondial) alors qu’Adrian Mannarino défiera le local Frances Tiafoe (10e). Dans le tournoi féminin, seule Clara Burel est encore en lice. Elle aura fort à faire face à la Biélorusse Aryna Sabalenka, la numéro 2 mondiale.

Finalement, le meilleur espoir de voir un Français en huitièmes de finale se nomme Benjamin Bonzi. Le Nîmois de 27 ans, classé au 108e rang, affronte le Suisse Dominic Stricker (128e) dans la nuit de vendredi à samedi.

Il est paradoxal − et assez révélateur de la forme du tennis masculin français − de miser sur un joueur « très content d’être au troisième tour » même s’il n’avait « pas forcément espéré » aller aussi loin, comme il l’a confié à la Fédération française de tennis (FFT) après sa victoire sur l’Américain Christopher Eubanks au tour précédent. Après un début de saison prometteur l’ayant mené jusqu’à la 42e place, Bonzi a subi une série de blessures et une sacrée dégringolade au classement, jusqu’à sortir du Top 100.

« C’est une saison hyper paradoxale, avec ce début encourageant et après ça a été, entre guillemets, le cauchemar, ajoute le Français auprès de la FFT. Il faut tout reconstruire dans la confiance, dans ce qu’on met sur le terrain. Il faut prendre sur soi. Je pense que cette année, j’ai bien appris la patience. » Privé de Roland-Garros à cause de son poignet gauche, Benjamin Bonzi a ensuite dû troquer son habituel revers à deux mains pour un plus expérimental coup joué à une main à Wimbledon, le temps que son bras soit entièrement opérationnel.

La relève se fait attendre chez les Bleus

Six défaites au premier tour plus tard, il a finalement regagné un match mi-août au Challenger (le circuit secondaire de tennis) de Winnipeg (Canada). « Le tennis est un sport fait de sensations. Et parfois, un petit grain de sel change beaucoup de choses… », analysait-il, jeudi, auprès de L’Equipe, en évoquant les blessures et les défaites. Sa série noire derrière lui, Benjamin Bonzi va maintenant essayer d’être le « petit grain de sel » dans l’algorithme donnant inlassablement le même résultat : les Français disparaissent tous des tableaux à mesure que les trophées prestigieux se rapprochent.

Car depuis « l’âge d’or » des quatre « Mousquetaires » − Jo-Wilfried Tsonga, Gilles Simon, Richard Gasquet et Gaël Monfils −, le tennis français se cherche désespérément une relève. Si les deux derniers nommés font de la résistance et repoussent l’heure de la retraite, ils ne semblent plus en mesure de jouer les premiers rôles, à 37 ans. Derrière, les jeunes Luca Van Assche et Arthur Fils (19 ans chacun) commencent à émerger, mais ils ont tous deux été éliminés précipitamment à New York.

En attendant leur éclosion au plus haut niveau − ou un dernier fait d’arme de Monfils ou Gasquet −, Benjamin Bonzi tentera de rejoindre pour la première fois de sa carrière les huitièmes de finale d’un Grand Chelem. Son adversaire, Dominic Stricker, sorti des qualifications, a créé la sensation au deuxième tour en sortant le Grec Stefanos Tsitsipas (7e) en cinq sets.

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Une victoire de Bonzi face au Suisse ne serait pas considérée comme un exploit de la sorte, d’autant que le Français pourrait voir les choses sérieusement se compliquer au tour suivant, où un hypothétique duel contre le 9e mondial, Taylor Fritz, l’attend. Mais elle permettrait au moins au tennis français de sauver les apparences en 2023, et d’éviter le zéro pointé de 2021.