julio 25, 2024

le PSG réussit son entrée en matière face à Dortmund (2-0)

Tout va très vite dans une relation passionnelle. Celle qui lie le Paris Saint-Germain (PSG) et ses fidèles en est une. Il y a quatre mois, le Collectif Ultras Paris, qui rassemble six groupes de supporteurs (soit plus de deux mille personnes) et joue un rôle moteur dans l’animation du Parc des Princes, annonçait, à quatre matchs de la fin du championnat, ne plus vouloir encourager son équipe au stade.

Quelques jours auparavant, plusieurs centaines de supporteurs rouge et bleu manifestaient leur « ras-le-bol » devant le siège du club, en entonnant notamment des chants insultants à l’égard des joueurs, de l’entraîneur et de la direction du PSG. Dans ce contexte de défiance, et au bout d’une deuxième partie de saison où la cohésion de l’équipe avait disparu, les célébrations du onzième titre de champion de France prenaient une saveur artificielle.

Mardi 19 septembre, le PSG a seulement remporté son premier match de Ligue des champions en 2023-2024, mais l’équipe et les supporteurs ont vécu un sincère moment de communion que l’on n’avait pas vu depuis longtemps au Parc des Princes. Bras dessus, bras dessous, les joueurs parisiens ont repris tous ensemble les chants du Virage Auteuil après leur victoire (2-0) face au Borussia Dortmund.

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Kylian Mbappé était évidemment présent parmi ses coéquipiers au pied de la tribune. Premier buteur de la soirée, il a signé – sur penalty – sa huitième réalisation en cinq rencontres. Plus personne ne l’imagine retourner au placard où sa direction l’avait puni jusqu’au milieu du mois d’août parce qu’il ne voulait pas prolonger son contrat. Tout va décidément très vite à Paris.

Lors des cinq premiers matchs de la saison en championnat de France, le club de la capitale n’a récolté que huit points (deux victoires, deux nuls et une défaite), ce qui en fait le plus bas total du PSG à ce stade de la saison sous l’ère qatarie (depuis 2011).

Cinq recrues estivales dans le onze de départ

Paradoxalement, les prestations collectives encourageantes vues face au RC Lens et sur la pelouse de l’Olympique Lyonnais donnaient du crédit au nouvel entraîneur, l’Espagnol Luis Enrique. Vendredi, son équipe avait perdu à domicile (2-3) devant l’OGC Nice, mais il y avait des absents.

A l’heure d’accueillir le Borussia Dortmund, le successeur de Christophe Galtier pouvait compter sur tous ses hommes forts. Cinq recrues estivales étaient alignées dans le onze de départ : le Slovaque Milan Skriniar et le Français Lucas Hernandez en défense, l’Uruguayen Manuel Ugarte au milieu, les Français Ousmane Dembélé et Randal Kolo Muani en attaque.

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Les deux derniers cités forment avec Kylian Mbappé un trio d’attaque tricolore qui se régale à dévorer des espaces. Pour les contrarier, l’entraîneur du Borussia Dortmund, Edin Terzic, a opté pour une défense à cinq joueurs et surtout pour un bloc collectif positionné bas, laissant ainsi le monopole de la possession du ballon à l’adversaire (plus de 70 % en faveur du PSG en première période).

Privés de munitions en contre, les Parisiens ont dû se résoudre à construire des attaques placées. Mais les milieux de terrain ont manqué de percussion pour se créer de véritables occasions de but. Seul Ousmane Dembélé a cadré une frappe durant le premier acte. Auparavant, Vitinha avait tiré sur le poteau. Pas de but à la pause, mais la première étincelle va suffire en seconde période.

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Achraf Hakimi sert Ousmane Dembélé qui accélère sur l’aile droite, les deux hommes combinent entre les défenseurs et l’ancien Barcelonais centre vers Kylian Mbappé… En glissant pour contrer le ballon, le défenseur Niklas Süle touche le cuir du bras. L’arbitre désigne alors le point de penalty et Mbappé ne laisse aucune chance au gardien allemand en croisant son tir au ras du poteau (1-0, 49e).

« J’ai aimé pratiquement tout »

Dix minutes plus tard, Vitinha récupère le ballon devant la surface adverse, feinte la frappe à plusieurs reprises, avant de jouer en une deux avec Hakimi qui se retrouve à bout portant pour marquer le deuxième but de son équipe (2-0, 58e). A l’exception d’un tir sur le poteau, le PSG ne sera pas inquiété par le club allemand. Au bout du compte, c’est un succès récompensant une prestation perfectible, mais appliquée, des Parisiens.

« Ce que j’ai aimé c’est pratiquement tout, l’intensité dans le match dès le début, la vitesse et le contrôle du match, pendant presque soixante-quinze minutes », a déclaré, à la fin du match, Luis Enrique. Si la Ligue des champions est une quête pour l’instant inachevée au PSG, lui l’a déjà remportée en tant que coach avec le FC Barcelone en 2015.

« On aurait dû être plus agressifs », a regretté son homologue Edin Terzic, qui était coach adjoint du Borussia Dortmund lors de la dernière confrontation si spéciale entre les deux équipes en mars 2020. Disputé dans un Parc des Princes à huis clos, c’était alors le dernier match avant l’arrêt des compétitions provoqué par la pandémie de coronavirus ; et des milliers de supporteurs l’avaient vécu derrière les grilles du stade.

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Pour le PSG, c’est une première étape sur une route européenne vouée à se cambrer cet automne. Le club figure en effet dans un groupe de Ligue des champions particulièrement relevé par la présence, outre celle du Borussia Dortmund, des Italiens de l’AC Milan, demi-finalistes de la dernière édition de la C1, et des nouveaux riches de Newcastle, qui bénéficient de l’hyperpuissance financière du fonds souverain saoudien – d’ailleurs, les Rossoneri et les Magpies n’ont pas su se départager dans l’autre match du groupe, mardi (0-0).

Mercredi 4 octobre, le PSG se déplacera dans le nord de l’Angleterre à l’occasion de la deuxième journée. D’ici là, il y aura le choc face à l’Olympique de Marseille, dès dimanche. Un club qui vient justement d’entrer dans une tempête : le président Pablo Longoria est désormais « en retrait » et l’entraîneur à peine arrivé, Marcelino, songerait déjà à partir, sur fond de violentes contestations d’une partie des supporteurs… Ça ne vous rappelle rien ?